CHOLIERES (Jean Dagonneau, seigneur
de).
LES
CONTES, ET DISCOURS
BIGARREZ DU SIEUR DE CHOLIERES. Deduits en neuf matinées.
Paris, Anthoine du
Brueil,
1610.
1 volume petit in-12 (13,5 x 8 cm) de (6)-264
feuillets et 2 feuillets
non chiffrés pour la table et l’extrait du
privilège.
Reliure plein veau marbré, dos
lissé orné, triple filet doré en
encadrement des plats, tranches rouges (reliure du XVIIIè
siècle). Coiffe
supérieure émoussée, mors
partiellement fendus, deux coins frottés,
intérieur
très frais imprimé sur papier fin.
700 euros
PREMIERE EDITION SOUS CE TITRE DU PREMIER VOLUME (les
après-diners
ont paru la même année mais ce trouvent le plus
souvent séparément), Les neuf
matinées du seigneur de Cholières ont paru
séparément pour la première fois en
1585.
OUVRAGE FORT CURIEUX ET LIBERTIN. On y
trouve les chapitres
suivants : De l’or et du
fer, lequel
des deux nous est le plus dommageable ou profitable ; des loix
et de la
médecine, à savoir si la jurisprudence est
à préférer à la
médecine ; des
mains des avocats, s’il est loisible aux avocats de
prendre ; des
châtrés ; des laides et belles femmes,
s’il vaut mieux prendre à femme une
laide qu’une belle ; de la jalousie du mary et de la
femme ; de l’inégalité
de l’âge des mariés. Si un vieillard
doit prendre une jeune fille, ou une
vieille rechercher un jeune homme ; des lettrés et
guerriers, si une fille
doit plutôt désirer d’être
accouplée par mariage à un homme
d’étude, qu’à un
guerrier ; de la trêve conjugale, en quel temps
n’est loisible au mari de
toucher conjugalement sa femme.
L’auteur serait un avocat
maconnais (ou de Grenoble selon
Viollet-le-duc) mort en 1623, Jean Dagoneau, seigneur de
Cholières, qui, après
avoir apostasié au profit du catholicisme, tourna
résolument le dos à la poésie
pour se consacrer à une production mystique et moralisatrice.
Viollet-le-duc,
dans sa
bibliographie des chansons, fabliaux, contes, facéties, etc
p. 156 marque
combien dans ses discours « l’érudition
le dispute au cynisme le plus
éhonté ».
Ces contes nous
montrent un savant préoccupé de philosophie, de
chimie, d'astronomie et de
toutes les connaissances humaines. L’auteur était
un gentilhomme érudit et
poète, s'adonnant à l'étude et se
consacrant tout entier aux sciences, aux
lettres, aux arts libéraux. Il aborde dans ses deux recueils
aussi bien les
questions de médecine que de droit, l'astrologie que les
moeurs du temps (le
mariage, les barbes, le caquet des femmes, les
châtrés etc.) Les colloques
auxquels il nous convie, tout en étant riches de
renseignements sur l'époque où
ils se déroulent, sont autant de prétextes
à faire jaillir l'humour et le
non-conformisme d'un humaniste qui ne prétendait
être qu'un modeste élève de
maistre François Rabelais. (extrait
de la
Présentation de la réédition moderne,
Edition préparée par Edouard Tricotel.
Notes, index et glossaire par Damase Jouaust. Préface par
Paul Lacroix.
Réimprimé sur l'édition de la
Librairie des Bibliophiles, 1879).
Références :
Tchemerzine
III, 369; Graesse II, 135; Dictionnaire des lettres
françaises: le 17me siècle,
179.
BEL
EXEMPLAIRE DANS
UNE RELIURE ANCIENNE.